Samuel Aznar

Pianiste

Critiques de ballets

                                                                                     

La folie d’un géant

Samuel Aznar – Baden-Baden, le 15 octobre 2017 (Critique Accent 4)

Vaslav Nijinski fait partie de ces figures légendaires qui, pour avoir si puissamment contribué à enrichir leur art de techniques et de beautés nouvelles, n’en demeurent pas moins troubles, sulfureuses, et entourées de scandales. En effet, indissociable de l’histoire des Ballets Russes et de leur maître d’œuvre Diaghilev, Nijinski s’est très vite fait remarquer, il faut bien le dire, autant pour sa virtuosité de danseur que pour l’érotisme de ses chorégraphies, jugées fortement indécentes pour l’époque. Mais sous les coutures de la légende, que savons-nous réellement de cet homme révolutionnaire à plus d’un titre ? Avec ses airs de biopic poétique, telle est la question à laquelle tente de répondre le ballet de John Neumeier.

Ce qui frappe tout d’abord, outre le rendu extraordinaire, virevoltant, de la troupe du Ballet de Hambourg et de ses étoiles (Alexander Riabko en Nijinski et Ivan Urban en Diaghilev), c’est la belle solennité des décors, des costumes et des ambiances lumineuses, qui situent l’action dans un espace-temps à la fois historique et imaginaire, réel ou rêvé ; il en résulte une forme d’ambiguïté symboliste qui peut dérouter parfois, émerveiller toujours. À travers une série de tableaux, alternant duos, trios et scènes collectives, sont évoquées les grandes lignes de la vie artistique et personnelle de l’homme-oiseau devenu fou, à la fin de sa vie, de s’être heurté trop souvent aux barreaux de la morale.

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Les eaux troubles du Lac des cygnes

Samuel Aznar – Strasbourg, le 13 janvier (Critique Accent 4)

Qui ne connaît le Lac des Cygnes, cette ode à la passion amoureuse devenue l’un des parangons du ballet classique, avec son imagerie faite de tutus, de révérences, de pointes et d’entrechats ? Après Ies nombreux chorégraphes s’étant appropriés le mythe au XXe siècle, de Fokine à Noureev ou de Balanchine à Neumeïer il manquait à ce début de XXIe siècle une nouvelle adaptation qui pût faire référence, et dépoussiérer au passage les vieux carcans du genre.

C’est en tout cas dans cette optique que s’inscrit le ballet de Radhouane el Meddeb, chorégraphe et danseur tunisien, formé à l’esthétique contemporaine, invité par le directeur artistique du Ballet de l’Opéra national du Rhin pour une série de représentations en janvier 2019. De cette rencontre entre danse classique et contemporaine devait naître une nouvelle forme de dramaturgie, remettant en cause la primauté du récit originel sur I’action et donnant plus d’autonomie au corps des danseurs, loin des figures imposées du ballet classique.

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