Samuel Aznar

Pianiste

Critiques de concertos et musique symphonique

Lang Lang à Baden-Baden : c’est top top !

Samuel Aznar – Baden-Baden, le 21 avril 2019 (Critique Accent 4)

Voilà maintenant plus d’une semaine que le traditionnel Festival de Pâques du Festspielhaus de Baden-Baden bat son plein, et que sur le devant de la scène les stars se succèdent. Hier Riccardo Muti, demain Zubin Metha. Mais pour ce dimanche pascal, il nous fallait bien l’affiche de rêve, la cerise sur l’agneau : Lang Lang, tout juste revenu de Paris et de son passage télévisé pour Notre-Dame, en compagnie de Kirill Petrenko à la tête du Philharmonique de Berlin ! Au programme : le Deuxième Concer- to pour piano de Beethoven et la Cinquième Symphonie de Tchaïkovski.

Bien qu’il n’ait pas choisi le plus difficile des concertos, et que nous ayons affaire ici au Beethoven des débuts, encore tout imprégné de légèreté mozartienne, Lang Lang joue le jeu sérieusement et n’abuse pas de ces excentricités qui entachent parfois son immense talent. A-t-on déjà entendu de Beethoven plus vivant, plus frais, plus hardi ? La question se pose tant le pianiste chinois impressionne par la variété de ses nuances et de ses modes de jeu, dépoussiérant joyeusement tous les attendus, retrouvant la beauté toute simple, toute nue, de ces pages juvéniles.

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Blomstedt, toujours fringant !

Samuel Aznar – Baden-Baden, le 27 septembre 2018 (Critique Accent 4)

Les concerts d’ouverture de saison au Festspielhaus de Baden-Baden ont toujours une saveur particulière, qui n’est pas due seulement à l’exceptionnelle densité de circulation des costumes et des robes de gala. Pour les programmateurs, c’est souvent le moment de frapper fort et de réaffirmer le prestige de leur établissement sur le théâtre des opérations culturelles ; pour le mélomane, qui connaît la qualité de la ligne artistique dudit établissement, c’est le moment de s’éblouir à nouveau devant les grands noms qui font la musique d’aujourd’hui. Tout cela mêlé au plaisir auditif de retrouver le feutré d’une acoustique enrobante, propre à magnifier le moindre son.
C’est donc avec une curiosité piquée d’allégresse que nous allions pouvoir entendre en ouverture de saison l’Orchestre philharmonique de Vienne – rien que ça – avec à sa tête Herbert Blomstedt, dont les apparitions en tant que chef invité font souvent figure d’évènement en soi. À près de 92 ans en effet, on imagine sans peine l’étendue de son expérience acquise au contact des grands chefs (Bernstein notamment) et des grandes phalanges de ce siècle et du précédent (Staatskapelle de Dresde, Orchestre symphonique de San Francisco, Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, …). Néanmoins, dans le cas de ces personnalités musicales à l’âge pour le moins avancé, on ne peut s’empêcher de redouter chez elles un essoufflement, voire une altération de leurs facultés…

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Maximilian Hornung : un magicien du violoncelle

Samuel Aznar – Baden-Baden, le 11 mai 2018 (Critique Accent 4)

Le 11 mai dernier, alors que le soleil printanier faisait se verdir les rues de Baden-baden et que la ville rhénane, connue pour la qualité thérapeutique de son eau, faisait le plein de curistes alanguis, nous avons eu le plaisir de nous plonger dans un bain d’une autre nature, mais aux effets lénifiants quasi similaires : un bain de musique bien sûr, car au Festspielhaus, il y avait concert.
Encadré par deux symphonies de Schubert, la Troisième et l’lnachevée le programme du jour avait été placé sous le patronage du compositeur viennois. La Kammerakademie de Postdam, avec Antonello Manacorda à sa tête, allait ainsi pouvoir s’illustrer dans un répertoire qu’elle ne connaissait que trop bien pour l’avoir enregistré à plusieurs reprises. Entre ces deux piliers symphoniques se trouvaient intercalés deux concertos pour violoncelle, celui en ré majeur de Haydn puis celui de Vaja Azarshvili, compositeur géorgien peu connu du grand public ; ces deux concertos allaient permettre au soliste de la soirée, en la personne de Maximilian Hornung, de nous montrer toute l’étendue de son talent.

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Daniil Trifonov : Schumann dans tous ses états

Samuel Aznar – Baden-Baden, le 30 septembre 2016 (Critique Accent 4)

Si l’on devait comparer la musique de Schumann à celle de ses confrères romantiques, on parlerait volontiers de cette « ardeur juvénile » qui la traverse toujours, de ce petit « grain de folie » qui la rend à la fois instable, mouvante, et pleine de ces « sautes d’humeur » qui sont le signe des tempéraments mélancoliques.
C’est du moins l’impression auditive que nous aura laissée en mémoire le concert du 30 septembre dernier au Festpielhaus de Baden-Baden. La soirée, entièrement consacrée au compositeur allemand, nous réservait en effet une sélection de trois de ses oeuvres : l’Ouverture de « Manfred » d’après Lard Byron opus 115, le Concerto pour piano en la mineur opus 54, et, pour finir, la Symphonie n »2 opus 61.

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Janine Jansen : Un tandem d’exception

Samuel Aznar – Baden-Baden, le 26 mars 2016 (Critique Accent 4)

Un concert du Berliner Philarmoniker est toujours un événement en soi. Étourdi par la liste des personnalités prestigieuses qui se sont succédées à sa tête (Furtwängler, Karajan, Abbado…), ému par le nombre de ses enregistrements ayant fait date, le mélomane averti mesure et savoure son privilège d’être sur le point d’écouter l’un des plus grands orchestres du monde, si ce n’est le plus grand.
Le 23 mars dernier, l’événement d’un concert du Berliner Philharmoniker à Baden-Baden faisait courir un frisson d’excitation dans les allées du Festspielhaus ; la salle pleine à craquer attendait avec fébrilité les deux protagonistes de la soirée : la violoniste Janine Jansen pour une interprétation du Concerto pour violon n°1 de Max Bruch, et Sir Simon Rattle, dirigeant la formation berlinoise dans la monumentale Quatrième Symphonie de Dimitri Chostakovitch.

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András Schiff : En son jardin

Samuel Aznar – Baden-Baden, le 29 janvier 2016 (Critique Accent 4)

II est des personnalités musicales dont le talent paraît si mûr et la maîtrise de leur art si profonde, si intime, qu’on ne se lasse pas de les voir évoluer, tranquilles, au milieu des fleurs qui parsèment leur jardin. lnterprète reconnu des oeuvres de Bach en particulier et des oeuvres de la période classique en général, András Schiff fait indéniablement partie de ces botanistes passionnés, curieux et avides de nouveauté. Car le pianiste hongrois, passé par l’Académie Franz Liszt de Budapest, n’a pas l’exercice de ses doigts pour unique activité ; comme en témoignent ses apparitions régulières à la tête d’ensembles tels que le Philharmonia orchestra de Londres ou le San Fransisco Symphony, l’homme s’est forgé également depuis quelques années une solide réputation de chef d’orchestre.
C’est à Baden-Baden que nous l’avons vu passer, fin janvier, avec dans ses bagages quelques beaux spécimens de Mozart et de Mendelssohn, à l’occasion d’un concert dont le souvenir vibrant parfume encore nos mémoires.

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Daniel Hope, invité de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg

Samuel Aznar – le 21 décembre 2015 (Critique Bachtrack)

Pour ce concert en forme d’hommage à Walter Weller, le chef d’orchestre autrichien décédé cette année et qui devait initialement diriger l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg (OPS) vendredi soir, Marko Letonja, son chef permanent, a souhaité maintenir malgré tout le programme prévu et à en assurer lui-même la direction. Un choix judicieux qui allait donner lieu à un concert de grande qualité, notamment par la présence et le jeu littéralement captivants du soliste de la soirée : le violoniste Daniel Hope.

Le concert commence avec l’élégance et la légèreté souriante de la Symphonie n°66 en Sib Majeur de Joseph Haydn, véritable archétype de la symphonie classique en quatre mouvements (Allegro con brio – Adagio – Menuet – Finale), et qui donne dans son architecture sonore un rôle de tout premier plan aux cordes de l’orchestre.

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