Samuel Aznar

Pianiste

Critiques d’opéra et oratorio

                                                                                             

Un florilège des Arts Florissants

Samuel Aznar – Baden-Baden, le 13 décembre 2019 (Critique Accent 4)

À l’approche des fêtes de Noël, le Festspielhaus de Baden-Baden a pour habitude d’orner sa programmation des plus belles guirlandes musicales qu’on puisse imaginer ; cette année, avant la traditionnelle occupation des lieux par le ballet Mariinsky pour une série de représentations de Casse-Noisette, c’est à William Christie et à son ensemble attitré : Les Arts Florissants, d’ouvrir les festivités. Qui plus est, comme 2019 est précisément l’année du quarantième anniversaire de cet ensemble mythique, ayant largement contribué à la redécouverte et à la popularisation de la musique baroque, l’occasion de les inviter s’en trouvait d’autant plus justifiée. Constitué d’un florilège des plus grands « tubes » du Baroque, le programme de ce concert anniversaire allait nous faire naviguer entre les côtes anglaises et françaises, avec Händel et Purcell d’un côté, Lully et Rameau de l’autre, le tout servi par un plateau vocal des plus attrayants.

La soirée commence par une partie solo de timbales tonitruantes, qui retentissent comme à l’approche d’un défilé royal. Puis le chœur des Arts Florissants se lève comme un seul homme pour entonner Zadok the Priest de Haendel, l’hymne au couronnement bien connu de la monarchie anglo-saxonne. L’effet est plutôt réussi, quoiqu’un peu trop attendu pour un début de concert… Bientôt les numéros s’enchaînent, quatorze rien que dans la première partie, et l’on se laisse griser par les dynamiques et la sonorité moelleuse de l’ensemble.

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Pe(hélas) et Mélisande à l’opéra du Rhin

Samuel Aznar – Strasbourg, le 27 octobre 2018 (Critique Accent 4)

A lors que l’année du centenaire de la mort de Claude Debussy touche à sa fin, et que se raréfient les concerts donnés en mémoire de ce génie incontes- table, à qui Piene Boulez avait décemé le titre de plus universel des rnusË ciens français, revenons sur l’évènement strasbourgeois qui devait marquer l’un des temps forts de cette année de célébration : la dernière production de Pelléas et Mélisande par Banie Kos§ à l’Opéra National du Rhin.

Pour cette série de représentations automnales (sept en tout dont deux à la Filature de Mulhouse), l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg avait été placé sous la baguette de Franck Olfu, connu de ses membres pour avoir récemment dirigé la création de Panthésiléa, le dernier opéra de Pascâl Dusapin. La mise en scène était quant à elle assurée par Barrie Kos§ l’un des noms les plus en vue de la scène lyrique actuelle, fort de quelques dis- tinctions intemationales et de réalisations remarquées au Komische Oper de Berlin ainsi qu’au Covent Gardeî de Londres. Par cette belle afftche alléchés, Cétait donc avec une certaine impatience que nous attendions de pouvoir assister à cette nouvelle production du chefd’æuvre de Debussy.

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La Bohème : c’est beau, et on aime !

Samuel Aznar – Baden-Baden, le 12 novembre 2017 (Critique Accent 4)

Considérée de nos jours comme l’un des parangons du grand opéra romantique, n’oublions pas que La Bohème de Giacomo Puccini fait partie de cette longue lignée d’œuvres qui ayant été boudées à leurs débuts, furent ensuite repêchées par l’Histoire. Le public de la première, pourtant dirigée par Toscanini, lui trouva quelques incongruités de mauvais goût, notamment au niveau harmonique ; incongruités qui ne nous choquent plus guère aujourd’hui, et que nous ne remarquons même plus, tant elles sont entrées au répertoire.

La Bohème de Puccini est donc ce célèbre opéra en quatre actes décrivant les vicissitudes sentimentales de la jeunesse parisienne au XIXe siècle, à travers le destin de quatre personnages 18 masculins, Rodolphe le poète, Marcello le peintre, Colline le philosophe, Schaunard le musicien, et de deux personnages féminins, Mimi et Musetta, respectivement amoureuses de Rodolphe et Marcello. L’intrigue est simple, centrée sur la relation de RodolpheMimi, et son efficacité réside dans une très subtile alternance entre épisodes divertissants et émouvants, lyriques et tragiques.

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Le Messie de Haendel par William Christi(qu)e

Samuel Aznar – Baden-Baden, le 12 décembre 2016 (Critique Accent 4)

Le jeu de mot est facile…Pourtant, vu le degré de perfection atteint par le dernier concert en date du chef franco-américain sur la scène du Festpielhaus de Baden-Baden, on serait très légitimement en droit de se poser la question, le concernant, d’une éventuelle ascendance divine…

Plus sérieusement, si l’on devait présenter la figure de William Christie dans le monde musical de ces trente dernières années, il faudrait dire qu’il est l’un des grands «redécouvreurs» de la musique baroque, ayant largement contribué à sa popularisation auprès du grand public, notamment depuis la création en 1979 de son ensemble instrumental et vocal : les Arts Florissants. Cela bien sûr ne nous renseignerait que très brièvement sur le personnage ; car William Christie est avant tout un chef d’orchestre passionné, à la fois musicologue et pédagogue, grand connaisseur du répertoire français, de Charpentier à Rameau, mais aussi grand amateur de jardins (voir celui de sa maison vendéenne) et du peintre Jérôme Bosch (voir sa participation au récent documentaire Le mystère Jérôme Bosch), etc.

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Magnifique Don Carlo à l’Opéra national du Rhin

Samuel Aznar – Strasbourg, le 20 juin 2016 (Bachtrack)

Belle réussite que cette nouvelle production de l’Opéra National du Rhin dont le mérite est de nous faire redécouvrir la beauté ténébreuse d’une œuvre que l’on croyait connaître, grâce au tandem constitué de Daniele Callegari (direction musicale) et de Robert Carsen (mise en scène) et grâce à la présence d’un plateau vocal exceptionnel.

Drame autant psychologique que politique, où le flot des passions vient se heurter sans cesse contre la forteresse inexpugnable du dogme catholique, Don Carlo témoigne d’un style de composition ayant atteint sa pleine maturité.

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L’affaire Makropoulos ou la mort du grand opéra lyrique

Samuel Aznar – Strasbourg, le 12 février 2016 (Bachtrack)

Que l’on ne s’y trompe pas : sous ses dehors extravagants et son intrigue rocambolesque, mélange improbable de magie et de terre-à-terre, l’avant-dernier opéra de Léos Janáček est une œuvre à la tonalité sombre, où la mort apparaît in fine comme l’ultime refuge de la condition humaine.

Issus de la pièce éponyme de Karel Capek, son compatriote tchèque, le livret de Janáček ainsi que sa musique tirent leur originalité, et donc leur modernité, d’une forme et d’un style décousus, atypiques, qu’on aurait peu d’hésitations à qualifier d’ « expérimentaux ». Ici pas de grands airs, pas de duos passionnés, pas non plus d’intermèdes orchestraux ; entièrement dévolue au commentaire de l’action et à l’imitation des intonations de la langue parlée, la musique de Janáček se caractérise pas une rythmicité sèche et des harmonies parfois tendues à l’extrême.

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Penthesielea de Pascal Dusapin : un opéra de la noirceur

Samuel Aznar – Strasbourg, le 10 octobre 2015 (Critique Accent 4)

La pièce de Heinrich von Kleist, d’où est tiré le nouvel opéra de Pascal Dusapin, dépeint dans une langue incisive la passion mortifère unissant Penthesilée, reine des Amazones, à Achille, le célèbre héros grec de la Guerre de Troie. Longtemps jugée irreprésentable de par la violence de son propos, incompréhensible pour l’époque, cette pièce sulfureuse s’est pourtant imposée dans l’esprit de Pascal Dusapin comme détentrice d’un message d’une « effrayante modernité », tant sur l’amour que sur la société.

Porté par une équipe artistique composée entre autres de Pierre Audi à la mise en scène, de la plasticienne belge Berlin de De Bruycker aux décors, et de Franck Ollu à la direction musicale, le septième opéra de Pascal Dusapin allait se révéler être l’un des plus sombres de sa production, peut être l’un de ses plus captivants aussi, loin de tout intellectualisme complaisant.

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