Samuel Aznar

Pianiste

Critiques piano

                                                                                     

Mitsuko Ushida : Une soirée salzbourgeoise

Samuel Aznar – Salzbourg, le 15 août 2017 (Critique Accent 4)

Août 2017, 19h. Dans la ville bien connue des mélomanes du monde entier, qui vit naître entre ses murs un Wolfgang demeuré célèbre, le flot ininterrompu de touristes qui s’écoule le long de la Goldgasse s’achemine lentement, doucement, avec cette langueur propre aux fins d’après-midi d’été, vers la Kapitelplatz. Là-bas, un attroupement s’est formé, et chacun se cherche une place au soleil déclinant. Comme une éruption de modernité au milieu de ces ruelles toutes pittoresques, un écran géant, installé au pied de la colline Mönchsberg, diffuse en direct du Palais des festivals l’opéra Lady MacBeth de Chostakovitch. Et si l’on continue un peu plus loin, et que l’on cherche à rallier la Max-Reinhardt Platz par les arcades ombragées de la Franziskannergasse, on s’arrête quelques instants pour écouter un trio de Haydn interprété là, en pleine rue, par de jeunes musiciens en chemise, décontractés. Arrivé enfin sur le parvis de la Haus für Mozart où la pianiste Mitsuko Uchida s’apprête à entrer en scène, les chemises se changent en tenues de soirées, et viennent s’associer aux robes luxueuses qui descendent des taxis ; le soir tombe sur la ville autrichienne.

L’édition 2017 du prestigieux festival de musique aura eu son content de stars : Barenboïm, Schiff, Muti, Sokolov, Trifonov… ils sont tous là. En tout pas moins de 195 représentations en 41 jours, avec en prime cette année, la célébration du 175ème anniversaire du Philharmonique de Vienne. Quant à Mistuko Uchida, connue notamment pour ses interprétations passionnées des œuvres du Wolfgang local, elle ne pouvait que répondre présente à l’appel, et cela pour notre plus grand plaisir.

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Thielemann s’amuse !

Samuel Aznar – Baden-Baden, le 11 juin 2016 (Critique Accent 4)

Le 11 juin dernier, le Festspielhaus de Baden-Baden accueillait deux grandes figures du monde musical : l’une en la personne de Christian Thielemann, Ie chef principal de la Staatskapelle de Dresde, récemment nommé directeur du Festival de Bayreuth, et l’autre en la personne de Yefim Bronfman, pianiste américain à la carrière prestigieuse, actuellement « artiste en résidence » de cette même formation. C’est donc un concert de grande qualité qui se profilait, vu la réputation internationale de leurs qualités respectives, à savoir une grande connaissance du répertoire allemand pour Thielemann ainsi qu’un profond sens lyrique pour Bronfman.

Le Troisième Concerto pour piano de Beethoven, qui ouvre le programme de la soirée, nous permet de constater puis de savourer l’heureuse alliance de ces deux tempéraments ; tandis que Thielemann assure la solidité rythmique de la partie orchestrale, tout en s’appliquant à faire ressortir ses contours narratifs et harmoniques, Bronfman nous fait entendre un Beethoven à la fois puissant (dans les octaves de la main gauche) et chantant (dans la conduite des mélodies de la main droite).

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Sublime Sokolov

Samuel Aznar – Colmar, le 7 juillet 2016 (Critique Accent 4)

Depuis quelques années maintenant qu’il a lieu, toujours à la même période toujours au même endroit, le traditionnel concert de Grigory Sokolov en son fief colmarien est devenu une sorte de rendez-vous pieux, de petit pèlerinage. Dans la foule massée autour des lourds piliers de l’Église St-Matthieu il y a les initiés, ceux qui savent à quoi s’en tenir, et les primo-arrivants, qui attendent de voir et d’écouter, par curiosité. Comme chaque année, une ombre bossue qui n’est pas celle d’un moine sort bientôt du fond de la chapelle absidale, salue une fois, puis s’installe au piano dans le même mouvement. Grigory Sokolov, happé par sa tâche, commence alors à jouer. Schumann et Chopin étaient au programme de cette édition 2016. Schumann d’abord, avec l’Arabesque en ut majeur op. 18 et la Fantaisie en ut majeur op. 17, deux oeuvres de « jeunesse » composées dans les années 1830, Chopin ensuite, avec deux Nocturnes op. 32 et la 2ème sonate en si bémol mineur connue pour son immortelle Marche Funèbre.

Si l’on devait adopter une posture de rationalité pour analyser ce concert qui restera dans les annales, on y trouverait la conjonction de plusieurs facteurs.

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Maurizio Pollini : le crépuscule d’une idole

Samuel Aznar – Baden-Baden, le 6 décembre 2015 (Critique Accent 4)

Difficile de décrire le sentiment d’incompréhension et de gêne mêlées que nous aura laissé Ie récital de Maurizio Pollini au Festspielhaus de Baden-Baden, ce dimanche 6 décembre. Autant le dire tout de suite, le grand pianiste italien, adulé de toute une génération, vainqueur du célèbre Concours Chopin en 1960 et depuis lors auteur d’une carrière et d’une discographie impressionnantes, émaillées d’enregistrements de référence consacrés à Chopin, son compositeur fétiche, mais aussi à Beethoven, à Bach, et à Schoenberg notamment ; autant le dire tout de suite, Maurizio Pollini, âgé de 73 ans, n’aura pas été à la hauteur de sa légende ce soir là.

Reconnaissable entre tous à sa démarche un peu traînante, courbée par les années, et à sa manière très volontariste d’attaquer le piano avant même que les applaudissements ne cessent, Pollini avait choisi d’orienter son programme sur deux figures majeures du Romantisme : Schumann dans un premier temps, avec l’Allegro op. 8 et la Fantaisie op. 17, deux oeuvres de jeunesse au caractère bien trempé et à la forme tortueuse, Chopin ensuite, avec la Polonaise-Fantaisie, le Scherzo n° 3, ainsi qu’un groupe de quatre Nocturnes.

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Hommage de Pierre-Laurent Aimard à Pierre Boulez

Samuel Aznar – le 22 septembre 2015 (Critique Bachtrack)

À l’occasion du quatre-vingt dixième anniversaire d’un des monstres sacrés de la musique du XXème siècle, qui aura marqué de son empreinte des générations de compositeurs et d’interprètes, le festival Musica de Strasbourg se devait de laisser dans sa programmation une large place à la musique de Pierre Boulez. Et pour assurer le premier concert-hommage de cette trente-troisième édition, qui de mieux que Pierre-Laurent Aimard, fervent interprète des œuvres de Boulez, devenu à dix-neuf ans en 1976 le premier pianiste soliste de l’Ensemble Intercontemporain ?

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Soirée entre intimes avec Cédric Tiberghien

Samuel Aznar – le 16 mars 2015 (Critique Bachtrack)

Pour son troisième concert en tant qu’artiste en résidence de l’Orchestre Philarmonique de Strasbourg, le pianiste Cédric Tiberghien, fort de sa récente interprétation du Concerto n°2 de Beethoven aux côtés d’Eliahu Inbal, apparaissait cette fois-ci en solo pour nous livrer un programme très personnel, emprunt d’une étrange gravité. L’Auditorium de la Cité de la Musique et de la Danse, avec ses places limitées et son acoustique feutrée, propice à une écoute attentive, était le lieu tout désigné d’une soirée de grande qualité placée sous le signe de l’introspection. Car ne nous y trompons pas : malgré son parcours de jeune prodige, Cédric Tiberghien possède une conscience déjà très approfondie de son art et de ses innombrables facettes, ainsi qu’un goût revendiqué pour le partage et la pédagogie.

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